La Tarte Industrielle Aux Cerises

Voici le début d’une longue histoire chimique d’une tarte en super marché, la tarte industrielle aux cerises (tirée du livre : "Le Sol, la Terre et les Champs" - Claude BOURGUIGNON - Ingénieur agronome, spécialiste de la microbiologie des sols- 1989).

Histoire de la pâte :

Pour obtenir la farine, les grains de blé ont été enrobés d'un fongicide avant semis. Pendant sa culture, le blé a reçu de 2 à 6 traitements de pesticides selon les années, 1 traitement aux hormones pour raccourcir les tiges afin d'éviter la verse et 1 dose importante d'engrais : 240 kg d'azote, 100 kg de phosphore et 100 kg de potassium à l'hectare, tout de même !

Le blé moissonné, dans le silo, après récolte, les grains sont fumigés au tétrachlorure de carbone et au bisulfide de carbone, puis arrosés au chlopyriphos-méthyl.

Pour la mouture, la farine reçoit du chlorure de nitrosyl, puis de l'acide ascorbique (E300 au E311), de la farine de fève, du gluten et de l'amylase.

Ensuite, il faut faire lever la pâte. La poudre levante est traitée au silicate de calcium et l'amidon est blanchi au permanganate de potassium. Pas de pâte sans corps gras. Ceux-ci reçoivent un antioxydant (pour éviter le rancissement) comme l'hydroxytoluène de butyl (BHT E321), un émulsifiant type lécithine.

Histoire de la crème : sur laquelle vont reposer les cerises se fait avec des œufs, du lait, et même de l’huile 

Les œufs proviennent d’un élevage industriel où les poules sont nourries avec des granulés contenant des antioxydants (E300 à E311), des arômes artificiels, des émulsifiants (alginate de calcium E404), des conservateurs (acide formique et dérivés E236), des colorants (capsanthéine E160c), des agents liants (lignosulfonates), des appétants (glutamate de sodium E621) pour que les poules puissent ingurgiter tout ça. Les poules sont dopées aux antibiotiques, et surtout d’anticoccidiens. Les œufs avant séchage reçoivent des émulsifiants, des agents actifs de surface comme l’acide cholique et une enzyme pour retirer le sucre du blanc. Les élevages industriels sont des usines à toxines.

Le lait provient d’un élevage industriel où les vaches ont une alimentation riche en produits chimiques : des antibiotiques (flavophospholipol E712 ou monensin-sodium E714), des antioxydants (ascorbate de sodium E301, alphatocophérol E307, buthyl-hydrox-toluène E321, ou éthoxyquine E324), des émulsifiants (alginate de propylène-glycol E405 ou polyéthylène glycol E496), des conservateurs (acide acétique et ses dérivés E260, acide tartrique E334, acide propionique E280 et ses dérivés E281 à E284), des composés azotés chimiques (urée E801 ou diurédo-isobutane E803), des agents liants (stéréate de sodium E570), des colorants (E131 ou E142)des appétants (glutamate de sodium E621) pour que les vaches puissent ingérer le tout.

Les huiles raffinées partiellement hydrogénées ou hydrogénées sont extraites par des solvants (l’acétone), puis raffinées par l’action de l’acide sulfurique, lavées à chaud, neutralisées à la lessive de soude, décolorées au bioxyde de chlore ou au bichromate de potassium et désodorisées à 160° C avec du chlorure de zinc. Pour finir, elles sont recolorées à la curcumine (E100).

La crème de la tarte une fois fabriquée, reçoit des arômes artificiels et des stabilisants (acide alginique et dérivés E400).

«A vos recettes d’Antan, à vos desserts maison, à vos cuillères en bois…» Naturellement...

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